Je propose ci-après un article publié dans les pages Rebonds du journal Libération du 8 décembre 1999 écrit en réaction à la mise en place d’une nouvelle grille de programmes sur France Musique, dont Pierre Bouteiller venait d’être nommé directeur. Cette grille se voulait une grille « d’ouverture et de décloisonnement » (déjà !) dont le symbole avait consisté à renommer la station France MusiqueS. Il n’y avait plus désormais de « grande ou de petite musique » mais « de la bonne et de la mauvaise ».
Que proposaient ces nouveaux programmes : 1- la chanson, le rock et le jazz avaient droit de cité sur France Musique ; 2- la musique dite contemporaine subissait encore une restriction de ses horaires de diffusion, après celle décidée en 1990 (NB : jusqu’en 1990, France Musique diffusait quatre heures de musique contemporaine par semaine en plus d’un magazine dédié aux créations de musique contemporaine, sans parler des nombreux concerts enregistrés des différents ensembles qui donnaient leurs concerts dans la grande salle du centre Pompidou). Donc ce que l’on ne nommait pas encore les musiques actuelles faisaient leur entrée sur « France Musiques ». Pourquoi une telle décision sur une chaîne radiophonique pourtant dévolue à sa création à la musique classique ? Les autres radios de la bande FM ne diffusaient-elles déjà pas beaucoup de chansons, de rock, de techno ou de rap ? Combien y avait-il de radios qui se consacraient à la musique savante ? Deux : France Musique et Radio Classique (dont la programmation se méfiait ô combien de la musique contemporaine). Toutes les autres radios étaient dévolues à la chanson, au rock, au rap, à la techno, etc. Seuls France Inter et RTL proposaient dans leurs grilles respectives une émission consacrée à la musique classique (en prenant bien soin de ne diffuser aucune musique contemporaine à moins qu’elle ne fût « néo-tonale », et encore…). Donc cette « ouverture » était unilatérale et amenait finalement la station à renoncer en partie à sa mission première. L’autre aspect notable était que la musique contemporaine devait souffrir en premier de « l’ouverture » voulue par Pierre Bouteiller : si la chaîne s’ouvrait aux «autres musiques », c’est principalement la musique savante contemporaine qui devait laisser place libre mais aussi, précisons-le, la musique ancienne (du Moyen-âge au baroque) ainsi que les musiques extra-européennes.
Le compositeur contemporain et sa musique, voilà l’ennemi ! Alors que d’aucuns se souviennent d’une époque où, sur France Musique, on pouvait entendre un André Boucourechliev parler de Beethoven puis de Stockhausen dans la même émission : bel exemple d’ouverture s’il en fut. À cette époque, des années 70 à la fin des années 80, les compositeurs contemporains étaient invités à parler de leur musique et de celles de leurs aînés sans que cela ne choque (trop) les auditeurs. Dans la forma mentis des producteurs et programmateurs de France Musique, la musique savante formait un tout, de la musique grégorienne à la musique la plus actuelle. Il n’y avait pas de cloisonnements entre les répertoires et les genres (musique baroque, opéra, musique contemporaine, etc.) mais une distinction – qui n’est en rien une discrimination, j’insiste - entre musique savante et musique populaire et/ou commerciale. D’ailleurs ce mélange des répertoires de musique savante était une idée intéressante puisque la Cité de la Musique a quelquefois proposé des programmations croisées : Beethoven-Stockhausen, Mozart-Lachenmann, Bach-Berio.
Au début des années 90, il a été décidé que c’était la musique contemporaine qui faisait fuir les auditeurs de France Musique vers Radio Classique. On précisait même que le contribuable n’avait pas à subventionner une station dont l’audience diminuait au profit d’une chaîne privée. Pierre Bouteiller poursuivit en 1999 une politique similaire ; même si on savait pourquoi Radio Classique avait une audience qui augmentait (diffusion de « tubes » de la musique classique, œuvres diffusées par bouts et non en intégralité, etc.), il était désormais important de jouer le jeu de la concurrence et de la stricte gestion comptable. Rappelons au passage que la programmation de France Culture (qui subira d’autres outrages plus tardivement) n’était pas remise en cause à cette époque, alors que son audience restait assez confidentielle par rapport à d’autres chaînes comme France Inter, RTL ou Europe 1.
Même si France Musique a perdu, plus tard, le « S » fatidique et a retrouvé son appellation d’origine (sous la direction de Thierry Beauvert qui a redonné une peu d’espace de diffusion à la musique contemporaine lors de son mandat de directeur de la station), les musiques actuelles n’ont jamais véritablement disparu de la programmation.
Quel rapport avec ce qui nous concerne aujourd’hui ? Les similitudes me frappent : au nom d’une « ouverture », d’un « décloisonnement » et du « dépassement des chapelles », on permet aux musiques dites actuelles d’être représentées à la Villa Médicis et cette ouverture supposée se fait au détriment, comme par hasard, de la création de la musique savante contemporaine. Il ne s’agit pas d’offrir des bourses de résidences à la Villa Médicis en plus, pour d’autres musiques (comment cela se pourrait-il, vu la configuration des lieux et à une époque de restrictions budgétaires ?), mais bien de limiter davantage l’aide et l’encouragement aux jeunes compositeurs de musique contemporaine. Notons également que cette soi-disant ouverture s’applique uniquement à la musique et non aux autres disciplines. À quand les auteurs de BD, les humoristes, les publicitaires et que sais-je encore à la Villa Médicis ? Pourquoi la musique savante devrait être le seul domaine qui devrait s’ouvrir ? Les Arts plastiques ne sont-ils pas aussi parfois élitistes, cloisonnés et renfermés dans des chapelles ? Non, en France, c’est d’abord à la musique qu’on applique des décisions irréfléchies qui sont la marque du manque patent de culture musicale de nos dirigeants (il suffit pour cela de s’intéresser à la formation aux arts dispensée dans nos grandes écoles, particulièrement celle qui concerne la musique savante). C’est ce manque de culture, allié à un cynisme électoraliste et bien-pensant, qui fait que tout est permis quand il s’agit de musique savante et comme tout, dans nos sociétés, devient de plus en plus formaté et prévisible, la musique contemporaine devient une source d’inquiétude et est considérée comme dispendieuse, élitiste et fermée sur elle-même.
Pour conclure, je tiens à préciser que, pour moi, toutes les musiques doivent pouvoir s’exprimer librement. Toutes les musiques remplissent des fonctions spécifiques, qu’elles soient sociales, économiques ou culturelles. Simplement la chanson, le rock et toutes les musiques actuelles bénéficient d’espaces de diffusions multiples (radios, télévisions, salles, publicités, couvertures médiatiques, etc …). Ma question est dès lors : pourquoi ajouter encore d’autres espaces tout en restreignant ceux déjà réduits de la musique savante contemporaine ? Pour ce qui est du jazz, qui est aussi une musique savante (son enseignement est d’ailleurs délivré au conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris), la question de sa diffusion mérite d’être posée. Des musiciens de jazz à la Villa Médicis, pourquoi pas, même si se pose immédiatement la question des lieux de travail et de la multiplication des musiciens puisque le jazz exige une pratique collective inhérente à son élaboration, à la différence de la musique contemporaine qui est conçue par un compositeur à sa table avant que d’être jouée.
Autres questions : pourquoi le directeur de la Villa Médicis a-t-il décidé d’agir sans jouer le jeu de la transparence ? Je signale au passage que j’avais demandé à le rencontrer dès le mois de septembre dernier pour évoquer avec lui la question – car je voyais venir ce qui allait arriver. Il s’y était refusé en m’envoyant un courrier désinvolte et un peu méprisant. Si l’on veut un changement, celui-ci doit être annoncé et débattu (la question n’a jamais été soulevée, que je sache, à la délégation à la musique du ministère de la culture et de la communication).
Je pourrais résumer ainsi ma pensée : oui à la multiplication des espaces de diffusions et de résidences ; non aux restrictions et au saupoudrage budgétaires. Et j’ajouterai : si il y a de moins en moins de création de musique savante, alors c’est l’ensemble de la musique classique qui sera amenée à disparaître. Avant que d’être de répertoire, toute musique savante est une création contemporaine.
Frédéric Durieux
21 juin 2010
Le tout culturel, une nouvelle forme de censure
(Article paru dans Libération le 8 décembre 1999)
Par Frédéric Durieux, compositeur, professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.
“Le compositeur est le seul créateur de nos jours à qui l’on refuse le contact direct avec le public. Lorsque son œuvre est terminée, il est écarté. (...)
Mourir est le privilège de ceux qui sont épuisés. Les compositeurs d’aujourd’hui refusent de mourir.”
Ces quelques lignes ont été écrites par Edgar Varèse en 1921, alors qu’il était excédé du sort réservé aux compositeurs de sa génération. À mon tour, je fais miens ces propos d’une actualité criante. Pourquoi ? Parce que la situation des compositeurs de musique contemporaine est toujours plus remise en cause en cette fin de siècle douloureuse. Un fait parmi d’autre ? La mise en place de la nouvelle grille de programmes de France Musique.
Sur cette antenne auparavant dévolue à la musique dite classique, il a été décidé d’ouvrir les programmes à “toutes les formes d’expression” que revêt la musique. Ainsi, il faudra désormais écrire France Musique avec un “s” ajouté au mot musique. Il va sans dire que tout à chacun ne peut qu’approuver cette générosité affichée. Pourtant, je suis de ceux qui se méfient des grandes déclarations de principes généreux qui, le plus souvent, cachent en réalité une intention moins louable. Voici les faits : sous prétexte d’ouverture, il est diffusé sur cette antenne : de la musique classique, du jazz, de la chanson, du rock et de la musique de film. Même si la musique classique reste prépondérante sur France Musique, il n’en demeure pas moins que son espace de diffusion se restreint du fait même de cette ouverture bien singulière.
Mais il y a plus grave à souligner : en diffusant moins de musique classique, France Musique réduit encore davantage, par rapport à son ancienne grille de programmes, les émissions de musique contemporaine. Et là, je tiens à saluer ce retour à l’ordre moral ! En effet, qu’il y a-t-il de plus pernicieux que d’entendre, sur une station spécialiste de la musique savante, une musique composée aujourd’hui, libre et imprévisible ? Il faut avouer que l’originalité et la liberté sont devenues de nos jours de véritables péchés d’arrogance. Élitiste et élitaire me dites-vous ? je ne le pense pas car je ne réclame aucune suppression et ne me sens aucunement supérieur. Je demande simplement le droit d’écouter autre chose que ce qu’entend la grande majorité et que d’autres puissent le faire avec moi. Non par souci d’originalité, mais par simple plaisir. Une société démocratique doit pouvoir tolérer cela.
Mais qu’importe la nouvelle grille de France Musique, elle n’est pas un événement primordial en soi. En revanche, il est symptomatique du refus de plus en plus déclaré de la musique contemporaine lorsque celle-ci ne se commet pas dans le style new age ou néo-romantique. Notre société est de plus en plus rétive aux créateurs qui ne remplissent pas une fonction, qu’elle soit morale ou sociale, et il n’est donc pas étonnant que la musique contemporaine, qui ne peut remplir aucune de ces fonctions, subisse aujourd’hui un rejet parfois violent. D’aucuns vous diront que c’est avant tout parce que les compositeurs contemporains écrivent une musique trop complexe, inabordable et abstraite ; je n’en crois rien. Simplement la musique d’aujourd’hui assume une esthétique où le pré-établi n’a plus cours et où les événements sonores sont relatifs et mobiles. Comme sont relatives et mobiles nos croyances ou nos relations avec autrui, rien de plus. La musique d’aujourd’hui est une école de la liberté qui est quelquefois exigeante, certes. Mais cet apprentissage permet à qui accepte de s’y adonner (rien n’étant obligatoire) de découvrir bien plus de surprises et, qui sait, de merveilles. Ce n’est pas en se limitant à des genres convenus d’avance que les découvertes et les joies seront exaltantes. Je suis frappé par la crainte qu’éprouvent mes contemporains devant l’inconnu ; à vrai dire, bien plus que de la crainte, cela relève de l’angoisse et de l’anxiété. Il faut de plus en plus que les chemins soient balisés, ce qui est impossible quand on se confronte à une œuvre inconnue et récente de surcroît.
Le rejet de la création artistique n’est pas un phénomène nouveau, à moins que les œuvres proposées ne remplissent immédiatement une fonction de divertissement ou de lien social. Si ce n’est pas le cas, les œuvres d’art apparaissent dangereuses. Déjà Flaubert écrivait : “Le style, l’art en soi, paraît toujours insurrectionnel (...) et immoral (...)”. Si au XIXe siècle, la pratique de la censure officielle, via les prétoires, était monnaie courante (voir les procès de Madame Bovary et des Fleurs du mal), à la fin du XXe on adopte une méthode non moins efficace: le tout culturel. Toutes les formes d’expression sont considérées comme équivalentes en qualité et en intérêt : chansons et musiques symphoniques, bandes dessinées et romans, jeux vidéos et arts plastiques, etc. Bien sûr, toutes ces formes d’expression opèrent dans des domaines différents, mais, pour les tenants du tout culturel, toutes n’en demeurent pas moins significatives. D’un strict point de vue sociologique, je ne peux nier ces équivalences, en effet, toutes les formes d’expression (mais aussi de production) caractérisent bien une époque donnée. En revanche, d’un point de vue artistique, je ne crois pas que l’on puisse confondre des genres qui non seulement ne remplissent pas les mêmes fonctions, mais, qui plus est, n’ont pas le même potentiel de prolongements sensoriels et intellectuels. Ou alors, cela revient à ne plus différencier le quantitatif et le qualitatif.
C’est sur cette confusion que comptent justement nos nouveaux censeurs. Outre le fait qu’ils flattent et jouent avec l’idée que penser en art est ennuyeux, ils pervertissent le jugement de nos contemporains en parlant chiffres au lieu de formes. Puisque tout est d’un intérêt égal artistiquement, il est possible dès lors de marquer la différence entre ce qui se vend bien et ce qui se vend mal : seuls les chiffres comptent. Et c’est seulement en fonction de cette impérieuse nécessité commerciale que sera considérée toute réalisation artistique.
La confrontation des expressions populaires et savantes tourne à l’avantage des premières, pour la simple et bonne raison que la chanson, le rock et la bande dessinée sont des produits non seulement productibles en grande quantité, diffusables à l’envi et peu chers, mais surtout qui ne demandent que peu de temps pour être consommés. Une chanson dure quatre minutes au grand maximum et une symphonie quarante; une bande dessinée peut se lire en une heure ou deux alors qu’un roman demande une plus grande disponibilité, etc... C’est pour cela que je ne peux qu’en vouloir à ceux qui feignent de croire, pour des raisons commerciales évidentes, ou une paresse d’esprit pour le moins affligeante, que toutes les formes d’expressions actuelles se valent. Que n’a-t-on dû subir comme inepties du genre : “si Mozart était vivant, il composerait certainement de la chanson ou concevrait un opéra rock”!
Bien sûr, l’état économique et social de nos sociétés occidentales ne favorise pas l’apprentissage et la diffusion de la culture. Quand manque le nécessaire, voire l’essentiel, l’art est du superflu. C’est pour cette raison que les arts populaires remplissent une fonction non négligeable de lien social au sein de notre société. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut brader notre patrimoine culturel sous prétexte qu’il n’est pas encore accessible au plus grand nombre. Notre société doit tendre vers cet objectif primordial du partage des richesses matérielles et spirituelles et non nous enfermer dans le seul partage de biens de consommation, dont certaines formes d’expressions font partie. La démocratie exige non pas le tout culturel, mais la culture pour le plus grand nombre possible.
Ce qu’il y a bien de plus insupportable à l’époque actuelle, c’est cet état diffus de censure qui s’installe de plus en plus. J’ai quelquefois l’impression que l’on voudrait quitter ce siècle en évacuant tout ce qu’il y a eu de difficile et de douloureux; comme si une grande cure de sommeil allait nous amener à un état de virginité amnésique. J’ai aussi la désagréable impression que l’on voudrait nous faire remonter au XIXe siècle, comme pour évacuer un XXe siècle qui n’aurait été qu’un affreux cauchemar qui devra être vite oublié une fois que nous serons entrés dans le XXIe. On espère, par un fétichisme du nombre et un millénarisme superstitieux, que tout s’effacera comme par miracle et que l’Eden sera à nos pieds! Que d’illusions vont être déçues quand les yeux vont se dessiller!
L’ œuvre d’art est en fait un acte de résistance contre un environnement social qui, de tout temps, a toujours visé à l’écrasement de toute nouveauté qui développe notre conscience et notre entendement ainsi que le champ de nos sensations. C’est pourquoi d’aucuns n’hésiteront pas à prononcer “qu’après tout, les œuvres d’art d’aujourd’hui ne sont pas aussi belles que celles de jadis”. D’autres, mais quelquefois les mêmes, déclareront froidement qu’ “il n’y a plus de grands créateurs”. D’autres, encore, préféreront dire que “toutes les formes artistiques se valent”; toutes? donc aucune !. Alors, grâce à l’effort conjugué de tous ces alliés objectifs, l’œuvre innovatrice et irréductible sera automatiquement censurée, subrepticement noyée dans la masse du tout culturel. Et seront ainsi peu à peu réduits à néant tout ceux qui, par leur obstination, risquent de perturber la grande moralité amorphe du profit bien-pensant: consommez, ne pensez plus! Pour lutter contre ce complot sournois, il ne nous reste plus qu’à nous mettre en résistance, que nous soyons artistes ou amateurs d’œuvres d’art.
Frédéric Durieux
Septembre 1999
4 commentaires:
cher Frédéric Durieux,
je ne vais pas discuter le détail de votre texte, dont certains points sont très intéressants, d'autres à mes yeux beaucoup plus contestables, etc. Je voudrais simplement faire deux brèves remarques :
1. votre mise en perspective est éclairante, et je vous rejoins pour dire qu'il y a un air de « déjà-vu » dans toute cette histoire. C'est d'ailleurs à cause de ça, à cause de l'existence d'une « matrice argumentative » assez reconnaissable, que j'ai tout de suite pigé de quoi il retournait, ce qui collait et ce qui ne collait pas dans les arguments de la première pétition. (Nous vous avons dit, d'ailleurs, que nous jugions certaines de vos inquiétudes légitimes, etc.) Je ne m'étends pas plus.
2. Je ne comprends pas, vraiment, je ne comprends pas que vous puissiez user aussi ingénument de l'appellation « musique savante », avec la « distinction » (comme vous dites), la « détermination en opposition hiérarchisante » (ça c'est moi qui dit) qui va avec. Je ne comprends pas qu'à aucun moment vous ne sembliez vous interroger sur la pertinence de cette « distinction ». Elle est purement et simplement dogmatique, et je la conteste vigoureusement, pour tout un tas de raisons. Non pas parce que « tout se vaudrait », surtout pas (je crois au contraire que c'est la détermination des différences en oppositions binaires qui homogénéise le champ, mais je ne peux m'y étendre ici). Je vous donne un seul indice pour inquiéter vos certitudes : le jazz, que vous reconnaissez généreusement comme « musique savante », s'est vu opposer, pendant des dizaines d'années, exactement les mêmes arguments que vous faites valoir aujourd'hui au sujet du rock ou d'autres musiques. Je dis bien : exactement les mêmes. Avec la même bonne foi, parfois.
Bon, je m'étais promis de quitter le débat, je vous laisse.
Benjamin Renaud
p.-s. : ces propos vous viennent de quelqu'un qui se bat comme vous, au quotidien, pour conserver un art exigeant, une musique « pensante », non soumise aux exigences du marché (pas plus qu'à celles de la commande publique)...
Bonsoir Monsieur Durieux,
Dans tous les domaines de la vie associative, professionnelle, c'est la même chose: cela n'a rien à voir avec les opinions politiques ou les convictions philosophiques des uns ou des autres, on ne supporte plus le débat contradictoire, et de fait la pluralité des opinions et des convictions. Dans ce contexte, il est alors plus simple de se réfugier dans les conformismes, de suivre paraisseusement la pensée unique du moment.
Candide.
http://www.mediapart.fr//club/edition/plein-suds/article/140710/giovanna-marini-et-la-brigade-mondine
Mais aussi…
http://www.mediapart.fr/club/edition/plein-suds/video/140710/giovanna-marini-canta-memoria
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