Le jury composé de :
M. Eric de Chassey (directeur de l'Académie de France à Rome, président), Mme Nicole Brenez (vice-présidente), Mme Francine Mariani-Ducray (présidente du conseil d'administration de l'Académie de France à Rome), M. Jean-Pierre Simon (directeur chargé des arts plastiques), M. Bernard Comment, Mme Elisabeth Ballet, M. Laurent Bayle
a sélectionné trois projets dans la catégorie Composition Musicale :
- un projet du compositeur Geoffroy Drouin
- un projet commun du compositeur et musicien Gilbert Nouno en binôme avec le compositeur et improvisateur Malik Mezzadri
- un projet de l'auteur-compositrice Claire Diterzi
Nous laissons à chacun le soin d'estimer dans quelle mesure cette information plus complète change le point de vue exprimé dans la lettre.
1 commentaires:
Le problème n’est ni ces nominations, ni la Villa Médicis en soi, ni une distinction de styles, de genres, d’une quelconque opposition entre musique écrite et « improvisée », d’une opposition entre des « nantis » et « non nantis », ni cette pétition qui a ses défauts mais qui n’est jamais à prendre « au pied de la lettre », sinon aucun rassemblement ne serait possible, il n’y aurait pas d’énergie commune à partager dans le sens de dire ce que l’on pense, sans vouloir chacun tour à tour tout changer à son image… et s’exprimer en fin de compte par une lettre-bouteille à la mer, comme celle-ci.
D’autre part, grand nombre de signataires n’ont aucune leçon à recevoir sur une quelconque volonté d’ouverture, échange et création d’espaces de liberté non corporatistes.
Le véritable problème, c’est qu’à la base il n’y en a pas, mais que cet acquis a visiblement dérangé encore une fois le pouvoir public, et pas l’espace public considéré par le pouvoir en place comme un garant de décisions dans lesquelles il n’a jamais été consulté !
Et que le problème est créé une fois de plus de toutes pièces par l’exercice violent d’un pouvoir plutôt qu’une responsabilité
Par le détournement imposé de règles de conduite avec un sentiment de toute puissance (déshabiller Pierre pour habiller Paul, en disant à Pierre qu’il s’ouvre aux autres, plutôt que de fabriquer un vêtement supplémentaire !)
Par un négationnisme croissant et rapide de tout héritage culturel, au profit d’une consommation quotidienne non réfléchie et sans perspective d’un « gâteau », celui dont nous avons hérité.
Et actuellement, vu le mépris pour autrui clairement affiché et l’appétit des gourmands, il risque fort de ne plus rester grand chose pour ceux qui arrivent après nous : nos enfants.
La crise politique, sociétale, environnementale et –soi-disant- économique actuelle est une conséquence de cette accumulation de détournement et destruction de la fonction d’ « espaces de liberté », qui représentent du temps pour soi, l’écoute de l’autre, la réflexion, l’apprentissage et la construction dans la quiétude du travail bien fait.
Dans un tel contexte, les nominations de la Villa Médicis ne sont qu’une fois de plus –une fois de trop ?- une goutte d’eau dans un océan latent et montant de violences faites à tout ce qui permet de prendre le temps de construire, réfléchir, exister, sans forcément faire référence au pouvoir sur autrui et au dieu CAC 40, la plus éphémère des valeurs.
Dans un tel contexte, cet événement qui n’en est pas un le devient, se transformant en un symbole qui rassemble aujourd’hui un milieu réputé justement pour ne pas se rassembler.
ET
Dans un tel contexte, peut-être que cette pétition aidera demain à avoir plus de personnes qui osent parler librement et dire ce qu’elles pensent –la peur restant le fléau humain rarement abordé donc non résolu-, dans des actions pour
un véritable développement et partage culturel,
une éducation et des soins au moins dignes de ceux que nous avons pu avoir jusque-là,
et avant tout
une suppression pure et simple des « quotas pétainistes » de retours forcés d’immigrés, de gardes à vue,
une aide obligatoire de soins, nourriture et abri pour le nombre croissant de ceux qui n’en ont plus…
La liste s’allonge très vite et au quotidien…
Je joins un lien, une déclaration de Marie José Mondzain, bel élément de réflexion sur les rapports entre politique et culture : le politique faisant partie de la culture, s’il cherche à la nier, pour mieux la détruire, ce n’est que par volonté de centralisation des décisions, d’exister en tant que force de pouvoir et non plus de puissance de pensée, autrement dit dictature.
Et nous sommes en droit d’attendre du politique autre chose que sa version Moyenâgeuse réservée aux princes de haut rang et constituée de leurs intérêts particuliers.
http://www.youtube.com/watch?v=yON3t5otyb4
André Serre-Milan
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